Comme convenu la veille, notre chauffeur de tuk tuk vient nous chercher gratuitement pour nous conduire a la station de bus. Pour dix dollars, nous achetons un ticket de bus pour Sihanoukville. Le trajet de 110 kilomètres va durer 5 heures.

Les controles policiers sont nombreux. Nous allons en subir trois. Lors du premier controle, les policiers arrêtent le car, montent dedans, prennent des photos des passagers. Ils repèrent un homme qui doit leur paraître suspect, le fond descendre et l'interrogent longuement. Nous sommes repérés par un policier qui nous demande où nous allons. Nous répondons et il nous dit good luck en nous tapant sur l'épaule.  Un peu surpris, nous ne savons pas trop comment l'interpréter. Nous saurons plus tard que les controles sont nombreux car beaucoup d'armes circulent sur le territoire.

Pendant le trajet, nous admirons le paysage et la végétation : culture d'ananas, de canne à sucre, palmeraie et rizières. Dehors, sur des baches étalées à même le sol, le riz sèche.

Arrivée à Sihanoukville. Le cambodge mise sur le tourisme pour aider le pays à se relever de la guerre d'où la construction de nouvelles routes, de batiments. Les occidentaux s'y installent et ouvrent bars et restaurents avec un réel avantage par rapport à la France. Ici, il n'y a pas de taxes, pas d'assurances et les salaires sont fixés au bon vouloir du patron. Nous nous rendons chez un français qui nous loue une chambre dans une guesthouse et qui possède également un bar restaurent.

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Sur ce chantier en cours, plusieurs femmes participent aux travaux.

Nous descendons sur la plage.

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Nous nous rendons compte, malgré tout, que cette zone peine a a se relever. Les plages sont sales. La guesthouse ou nous dormons est excessivement humide. Les draps sont poisseux. Les commerces n'ouvrent qu'à 5 heures de l'après-midi. Dans les rues, il y a beaucoup de mendiants, y compris des enfants qui se montrent souvent agressifs. La drogue est également très présente. 

Mais ce qui va me choquer le plus : c'est la prostitution. Dès 18 heures, les filles commencent à déambuler. Et si certaines sont des habituées qui agissent avec un grand naturel, je garde en mémoire la vision d'une toute jeune fille, mineure très certainement, qui au contact de la main d'un homme s'est raidie et a eu sur le visage une expression de dégout. Que penser de la prostitution? Pour nous occidentaux, c'est l'horreur absolue. Mais la misère est telle qu'il ne faut pas oublier que le travail d'une fille permet à toute une famille de se nourrir. Il est facile de condamner cela mais si la prostitution existe, c'est aussi parce que justement certains occidentaux ont recours à ce tourisme sexuel.

Je me sens très mal à l'aise ici. Nous décidons de repartir dès le lendemain afin de trouver un endroit plus agréable.