14 novembre, nous sommes prêts pour une nouvelle aventure : départ pour le Cambodge. A huit heures trente, un homme vient nous prendre à l'hôtel et nous demande de le suivre. Nous attrapons nos sacs à dos et sortons à sa suite. Le bus ne pouvant venir nous chercher à l'hôtel, nous devons rejoindre le point de ralliement à 500 mètres de là. L'homme remonte sur sa moto et nous tentons de le suivre. C'est le premier moment un peu stressant de la journée mais curieusement cela m'amuse car très rapidement je fais un parallèle avec des souvenirs d'enfance. Je me souviens de moments passés avec mon oncle ou on allait chercher les vaches au champ pour les conduire à la traite. Et clairement, l'homme qui nous guide a les mêmes manières que mon oncle pour entraîner son troupeau. Une bonne demi heure d'attente et nous montons enfin dans le bus. Nous traversons Bangkok avec ses grandes tours avant de découvrir d'autres paysages de la Thaïlande : rhizières, bananeraies et palmeraies. Après six heures de route, arrêts compris ; nous arrivons à Trat, dernière ville avant la frontière cambodgienne. Le bus nous dépose devant une agence de tourisme dont la préoccupation principale est de vendre des traversées pour l'île toute proche, destination de la majorité des passagers du bus. Pensant remonter dans le bus et arriver à la frontière avec ce moyen de transport, nous manquons perdre nos sacs que nous avions laissé à l'intérieur. Après avoir attendu, il nous semble une éternité, on nous indique un pick-up. Retour vers le centre-ville avec un couple de français qui voyage avec leurs enfants et qui ont tout quitté pour un formidable périple. Je suis admirative. Voyager avec des enfants si jeunes et un budget réduit, quinze euros par jour pour quatre personnes, c'est courageux. Mais leur expérience me prouve que tout est possible si on le veut vraiment. Cela m'ouvre des perspectives.... 

 

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Le pick-up nous dépose à la gare routière ou nous prenons un van, cette fois ci pour rejoindre la frontière. Il nous faut encore une heure vingt de trajet sur une piste, soit environ 85 kilomètres. La Thaïlande est, actuellement, en train de construire un réseau routier pour rejoindre la zone cotière du cambodge qui devient de plus en plus touristique mais en attendant les conditions de transport sont terribles.

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Nous arrivons enfin à Hat Lek, à la frontière. Le van nous dépose et repart. Il ne peut franchir la frontière. Un porteur s'empare de nos sacs et bien entendu nous demande ensuite de payer 20 bath.

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Il est dix-sept heures quarante. Nous traversons à pied ce no man land, cette portion de route qui n'appartient ni à la Thaïlande, ni au Cambodge. De l'autre coté, un homme en uniforme s'empare de nos passeports et de nos autorisations de territoire et nous répète wait wait. Cela me fait stresser un maximum car j'ai lu avant de partir des témoignages de voyageurs qui ont attendu des heures avec pour seules réponses à leurs questions un wait. Notre homme revient et nous réclame 1600 bath pour notre visa soit environ 40 euros. Et 10 dollars pour sa prestation, mais soyons clair sans cet homme, on aurait attendu très longtemps. Il nous faut encore aller tamponner nos passeports. Nous nous rendons au guichet ou il y a deux files d'attente. Nous en prenons une au hasard et quand c'est à notre tour, le préposé aux visas ferme son guichet. Nous changeons de file et le premier guichet va ouvrir de nouveau pour les résidents. C'est apparement un petit jeu qu'ils adorent : faire attendre le touriste et comme le conflit est chez eux banni, il ne faut surtout pas élever la voix car sinon on risque d'attendre très longtemps. autorisation d'entrer sur le territoire, photo, empreintes : nous avons enfin l'autorisation de séjourner au cambodge. 

Ces formalités accomplies, il fait nuit noire, une pluie diluvienne s'abat sur nous et nous sommes épuisés. On ne voit rien. A Hat lek, on ne peut ni dormir, ni manger. Il faut qu'on rejoigne la ville la plus proche Kaoh Kong. Un chauffeur de taxi nous aborde et veut organiser tout notre voyage au Cambodge, ce qui bien entendu ne nous interesse pas. A force de discussions, nous finissons par nous entendre. Il va nous emmener à Kaoh Kong, nous trouver un bureau de change (car ni le bath, ni le dollar n'est accepté au cambodge) et nous trouver une guest house.

Le trajet est effrayant. Le taxi se faufile entre une nuée de scooters qui roulent à une vitesse incroyable et sans respecter le code de la route. Ils sont deux ou trois sur chaque engin, ne portent pas de casques, nous doublent, changent de trajectoire à la dernière seconde. et le tout sous une pluie torrentielle. Nous payons 40 000 riel pour le taxi soit environ 8 euros 50. La guest house est spatieuse avec un hall d'entrée immense et très peu meublé. La nuit coutera 26 000 riels soit un peu plus de 5 euros. Un repas style fast food, nous avons eu assez de dépaysement aujourd'hui. Une petite exploration des rues aux alentours. Dans une ruelle, des nappes ont été dressées, une fête bat son plein avec la musique à fond. Nous ne nous attardons pas, la journée a été longue.